L'évangile selon Saint Matthieu

L'EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU
L'Évangile selon saint Matthieu est le premier livre du Nouveau Testament.

Les premiers écrivains chrétiens pensaient que ce livre était le premier des Évangiles synoptiques (d'où sa place en tête du Nouveau Testament) et l'attribuèrent à saint Matthieu, affirmant qu'il l'avait écrit en Palestine, juste avant la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C. Bien que cette position soit toujours défendue par certains, la plupart des spécialistes pensent que l'Évangile selon saint Marc est le plus ancien : l'auteur de l'Évangile selon saint Matthieu utilisa celui de saint Marc comme l'une de ses deux principales sources. Ils mettent par ailleurs en doute le fait que Matthieu ait écrit ce livre. Il s'agit certainement d'un juif, puisqu'en partie son Évangile contient de nombreuses références aux textes sacrés, à la loi et aux modes de vie des juifs, et parce qu'il destinait son texte essentiellement à des juifs ou judéo-chrétiens. Le lieu de rédaction demeure incertain : certains pensent qu'il s'agit de la Palestine ; d'autres songent à Antioche en Syrie. L'époque de rédaction souvent suggérée se situe aux environs de 80 apr. J.-C.

L'Évangile de Matthieu se distingue par son insistance à montrer que Jésus est le Messie, l'héritier légitime du roi David. Autre spécificité, la place particulière faite à saint Pierre, désigné comme le gardien " des clés du royaume des cieux " (XVI, 19). L'intérêt profond manifesté par tous les évangélistes à l'égard des disciples en général, est davantage marqué dans l'Évangile de Matthieu : l'auteur raconte comment Jésus les a appelés à sa suite, comment il les a instruits, comment ils l'ont abandonné et comment le Christ ressuscité leur a pardonné et les a réhabilité.
L'influence de l'Évangile selon saint Matthieu sur le christianisme a été dominante dès sa parution

L'évangile selon Matthieu se distingue en cinq récits :
Le premier récit (chap. III-IV) parle de Jean-Baptiste, du baptême et de la tentation de Jésus, ainsi que des débuts de son ministère. Il est suivi du Sermon sur la montagne (chap. V-VII), dans lequel Jésus annonce qu'il est venu pour accomplir " la loi " et " les prophètes " (V, 17) et enseigner la multitude en " homme qui a autorité " (VII, 29). Le Sermon comprend les Béatitudes et le Notre-Père (VI, 9-13).
Le deuxième récit (VIII, 1-IX, 34) montre comment Jésus guérit malades et démoniaques par le pouvoir de la foi. Au cours du deuxième discours (IX, 35-X, 42), Jésus prescrit à ses douze disciples de guérir et prêcher " aux brebis perdues de la maison d'Israël " (X, 6) et fixe les conditions que ses disciples devront respecter.
Le troisième récit (chap. XI-XII) évoque l'opposition grandissante des pharisiens aux actions et à l'enseignement de Jésus. Le thème du troisième discours (XIII, 1-52) est le royaume des cieux. Jésus s'adresse à la foule par paraboles et quand ses disciples lui demandent pourquoi il s'adresse de cette manière au peuple, il leur répond " À vous il a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, tandis qu'à ces gens-là cela n'a pas été donné " (XIII, 11). Ce discours contient la parabole du semeur (XIII, 18-23), de l'ivraie (XIII, 24-30) et du grain de sénevé (XIII, 31-32).
Le quatrième récit (XIII, 53-XVII, 23) montre comment Jésus est rejeté par ses compatriotes (XIII, 53-58). Il raconte également la mort de Jean-Baptiste (XIV, 3-12), un acte miraculeux de saint Pierre, plusieurs miracles et actes de guérison de Jésus, la révélation aux disciples de sa nature divine et de sa vocation (XVI, 13-16), la fondation de l'Église (XVI, 17-19), l'annonce de sa Passion et de sa résurrection, et la Transfiguration (XVII, 1-8). Le quatrième discours (XVII, 24-XVIII, 35) concerne les conditions et l'administration de l'Église. Il convient de noter que l'Évangile selon saint Matthieu (XVI, 17-19 et XVIII, 17) est le seul des quatre Évangiles où le mot Église apparaît.
Le cinquième récit (chap. XIX-XXII) décrit le dernier voyage de Jésus à travers la Judée jusqu'à Jérusalem, notamment l'entrée à Jérusalem, et raconte comment il a chassé du Temple les changeurs d'argent. On y trouve aussi les controverses qui opposèrent Jésus aux sadducéens et aux pharisiens à propos de l'impôt à César, de la résurrection, du " plus grand commandement de la loi " (XXII, 36-37) et de l'ascendance du Messie. Le dernier discours se divise en deux parties : dans la première (chap. XXIII), Jésus critique les pharisiens et les scribes parce que, parmi d'autres fautes, ils " offrent aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais au-dedans ... sont pleins d'hypocrisie et d'iniquité " (XXIII, 28). Dans la seconde partie (chap. XXIV-XXV), Jésus révèle aux disciples les signes de son avènement et de la fin du monde (XXIV, 3). Il leur parle également de l'avènement du royaume des cieux à travers la parabole du figuier (XXIV, 32-33), des dix vierges (XXV, 1-13) et des talents (XXV, 14-30), et décrit le Jugement dernier.

L'onction de Jésus, la trahison de Judas, le dernier repas, l'angoisse de Jésus et son arrestation dans le jardin de Gethsémani, son jugement, sa crucifixion, sa mort et sa mise au tombeau sont racontés dans le premier des deux derniers récits (chap. XXVI-XXVII). Sa résurrection et la mission qu'il confie à ses disciples d'enseigner toutes les nations (XXVIII, 19) sont relatées dans le dernier récit (chap. XXVIII). Les éléments et détails propres à Matthieu dans ces deux derniers récits sont notamment la mort de celui qui a trahi Jésus, Judas Iscariote (XXVII, 3-10), le rêve de la femme de Ponce Pilate (XXVII, 19), le geste symbolique de Pilate se lavant les mains et abandonnant Jésus aux juifs qui veulent sa mort (XXVII, 24-25), le tremblement de terre qui suit la mort de Jésus (XXVII, 51-53), la garde devant le tombeau (XXVII, 62-66), le tremblement de terre à la résurrection de Jésus (XXVIII, 2-4) et l'apparition du Christ-ressucité aux deux Marie (XXVIII, 9-10) et à ses disciples en Galilée (XXVIII, 16-20).

09/07/2008, 04h47