L'évangile selon Saint Luc

L'EVANGILE SELON SAINT LUC
L'Évangile selon saint Luc est le troisième livre du Nouveau Testament.

La structure de l'Évangile selon saint Luc est la même que celle de l'Évangile selon saint Marc. Mais Luc élargit le texte de Marc par deux passages majeurs (Évangile selon saint Luc, VI, 20-VIII, 3, IX, 51-XVIII, 14). Les experts s'accordent pour dire que ces assemblages ont été principalement tirés d'un recueil des paroles de Jésus-Christ.

La tradition attribue le troisième Évangile à Luc depuis la fin du IIe siècle. Luc est également l'auteur des Actes des Apôtres, considérés comme ayant servi à la constitution d'un ouvrage plus vaste sur l'origine du christianisme. Le nom de Luc apparaît à plusieurs reprises dans les Épîtres de Paul, Luc est le médecin " aimé " dans les Colosseus (IV, 14) et le fidèle compagnon dans Philémon (I, 24). Le lien entre Luc et Paul semble d'ailleurs étroit, l'Évangile selon saint Luc étant proche de celui de Paul par son style et sa doctrine.
Il est désormais admis que l'Évangile selon saint Luc date de la décennie 70-80 apr. J.-C. Des dates antérieures ou postérieures ont également été suggérées : v. 63-65 apr. J.-C., si les Actes ont été écrits alors que Paul était emprisonné à Rome, à la fin du Ier siècle, si l'absence de toute référence à l'Évangile dans les écrits des premiers Pères de l'Église est considérée comme preuve d'une date plus tardive.

L'Évangile selon saint Luc comprend six parties :
Un prologue (I, 1-4), le récit de la naissance et l'enfance de Jésus, le ministère de Jésus en Galilée, son voyage de Galilée à Jérusalem, son ministère à Jérusalem, enfin sa passion, sa résurrection et son ascension.
Dans le prologue, Luc expose les raisons qui le poussent à écrire : écrire le " récit des événements " et répandre la Bonne Parole. Luc s'adresse à un personnage fictif ou réel, (Théophile I, 3) pour affirmer son autorité. Unique dans les Évangiles, le prologue de Luc donne le ton général du texte. Inspiré des prologues des écrivains historiques grecs, il donne l'impression que Luc a écrit avant tout comme un historien et a consigné les faits après des recherches approfondies.
Le récit de la naissance et de l'enfance de Jésus rapporte l'Annonciation faite à Marie (I, 26-38), la visite de Marie, à Élizabeth, mère de Jean-Baptiste (I :39-56), la naissance de Jean-Baptiste (I, 57-80), la circoncision de Jésus et sa présentation au Temple (II, 21-39), son intervention au Temple à l'âge de douze ans (II, 40-50) et enfin sa vie d'adolescent à Nazareth (II, 51-52).
La suite de l'Évangile, le récit que fait Luc du ministère de Jésus en Galilée, (de IV, 14 à IX, 50) suit à quelques rares exceptions près le plan de Marc. Luc donne un récit plus complet du rejet de la prédication de Jésus à la synagogue de Nazareth (IV, 16-30), présente une généalogie de Jésus qui fait remonter sa descendance à Adam et non seulement à Abraham (III, 23-38) et situe le Grand Sermon de Jésus dans une plaine (VI : 17) plutôt que sur une montagne (VI, 20-49).
Le récit du voyage de Jésus à travers la Samarie jusqu'à Jérusalem (de IX, 51 à XIX, 27), contient des éléments sans équivalent ni dans l'Évangile selon saint Marc ni dans l'Évangile selon saint Matthieu. C'est essentiellement cette partie (probablement tirée en grande partie de la source " L "), considérée par les experts comme spécifique à Luc, qui confère à l'Évangile sa spécificité. Cette partie relate l'envoi et le retour des 70 disciples (X, 1-20), l'épisode concernant Marthe et Marie (X, 38-42), celui du riche collecteur d'impôts Zachée (XIX, 1-10), les paraboles du Bon Samaritain (X, 29-37), de la drachme perdue (XV, 1-10), du fils prodigue (XV, 11-32), et de Dives et Lazare (XVI, 19-31). On trouve également une version plus courte du Pater, dépourvue de la doxologie propre à l'Évangile selon saint Matthieu (VI, 9-15) et située dans un contexte différent.
Dans ses récits du ministère de Jésus à Jérusalem (de XIX, 28 à XXI, 38), de la passion et de la résurrection (de XXII, 1 à XXIV, 53), Luc puise à nouveau dans l'Évangile selon saint Marc. Luc ajoute toutefois au récit de Marc les dernières paroles de Jésus à ses disciples (XXII, 21-38), ses paroles sur le chemin du calvaire (XXIII, 28-31), les paroles des deux malfaiteurs crucifiés (XXIII, 39-43), les apparitions du Christ sur la route d'Emmaüs et à Jérusalem (XXIV, 13-49) et enfin l'ascension de Jésus (XXIV, 50-53).
Écrit à l'intention des Gentils, l'Évangile selon saint Luc s'inscrit dans le sillage de Paul par le ton et la doctrine. Comme Paul, Luc insiste sur l'universalité du Salut. Le but de l'évangéliste est d'être universel car Luc, plus que Matthieu et Marc, s'efforce de restituer la personne et le ministère de Jésus dans le temps et l'histoire du monde. Sa généalogie de Jésus met l'accent sur la signification universelle du Christ. Son Évangile attend le jour où la parole du Seigneur sera proclamée à " toutes les nations " (XXIV, 47). Une autre caractéristique de Luc est son souci de relations sociales justes, en particulier entre riches et pauvres, ses préoccupations à l'égard des pécheurs et des exclus de la société. Enfin, il témoigne un certain intérêt unique parmi les évangélistes, pour les femmes (VII, 11-17, VII, 36-50, VIII, 1-3).

09/07/2008, 04h49