Turquie, si proche et si lointaine...

13/03/2008

Si proche et si lointaine, à cheval sur l'Europe et sur l'Asie, la Turquie est inclassable. A la fois synonyme de splendeur et de décadence, de sultans et de harems, de palais fabuleux et de bazars foisonnants, ce pays occupe une place à part dans l'imaginaire européen. Le film Midnight Express et, plus récemment, le conflit avec les Kurdes, ont conféré à ce pays en pleine mutation une réputation sulfureuse dont il a du mal à se débarrasser.
Nous vous proposons ici de découvrir une histoire à la richesse incroyable, une architecture à faire pâlir d'envie les Romains, l'hospitalité chaleureuse d'un peuple et une délicieuse cuisine. Des douces plages de la mer Égée aux majestueuses montagnes de l'Anatolie orientale, la Turquie offre une gamme variée de paysages et de distractions sportives : rafting, plongée sous-marine ou trekking. Et un joyau : Istanbul, l'ancienne Constantinople, façonnée par les Romains et les Ottomans.

CARTE D'IDENTITÉ
Intitulé officiel : République turque
Superficie : 779 452 km2 (environ une fois et demie la France)
Population : 64,4 millions d'habitants
Capitale : Ankara (3,2 millions d'habitants).
Peuples et ethnies : 85% de Turcs, 12% de Kurdes, Arméniens, Juifs
Langue : Turc, kurde.
Religions : Musulmane
Institutions politiques : La Turquie est une démocratie parlementaire. La Grande Assemblée turque, élue par tous les citoyens âgés de plus de 19 ans, est l'héritière directe du Congrès réuni par Atatürk au lendemain de la guerre d'Indépendance (début des années 20). Le président, élu par l'Assemblée pour sept ans, est censé se placer au-dessus des partis, symbolisant la nation. Il nomme le chef du gouvernement qui détient la réalité du pouvoir.
Président : Ahmet Necdet Sezer
Monnaie : La lire turque (TRL).

ENVIRONNEMENT
Géographie : Le mot carrefour est souvent galvaudé. Il s'applique pourtant à merveille à la Turquie. 1 700 km séparent Edirne (à l'ouest), à la frontière avec la Bulgarie, de Kars (à l'est), aux portes de l'Arménie. Du nord, sur le littoral de la mer Noire, au sud, sur les rives de la Méditerranée, il faut parcourir 1 000 km. Ce pays, connu jadis sous le nom d'Asie Mineure, partage des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l'Arménie, l'Iran, l'Irak et la Syrie.
Ses paysages sont extrêmement variés : montagnes, steppes, rivières encaissées, vallées agricoles et littoral verdoyant (d'une longueur de 8 400 km).

Climat : Les côtes méditerranéenne et égéenne bénéficient d'hivers tempérés, mais pluvieux. Les étés y sont chauds et secs. A Istanbul, le thermomètre s'établit autour de à 28-30°C en période estivale les hivers y sont froids et pluvieux. Les hauts plateaux anatoliens sont plus frais durant l'été, mais le mercure dégringole en hiver. Le littoral de la mer Noire est tempéré et arrosé à la belle saison, froid et pluvieux en hiver. En cette même saison, la partie montagneuse du pays, à l'est, est glaciale et fortement enneigée. En revanche, elle s'avère agréable et chaude en été. Le sud-est de la Turquie est sec et doux en hiver, torride en été (avec des pointes à 45°C).

Faune et flore : De vastes forêts couvrent l'Anatolie orientale, les côtes de la mer Noire ainsi que le littoral méditerranéen. De nombreux arbres fruitiers poussent en Turquie : dattiers, abricotiers, cerisiers. Le pays est également l'un des principaux producteurs de noisettes au monde. Les steppes se parent d'un tapis chatoyant de fleurs sauvages au printemps. Le pays offre une faune qui s'apparente à celle des Balkans : ours, lynx, sangliers, loups et quelques (de plus en plus rares) léopards. Vous croiserez plus facilement des chevaux, des chèvres et des moutons gardés par un chien de berger très puissant, le kangal. Le paysage ornithologique est d'une richesse exceptionnelle, avec notamment de très nombreux rapaces, y compris de majestueux aigles. A noter enfin la présence du célèbre chat de Van, aux yeux vairons extrêmement troublants.

HISTOIRE
1250 av. J.-C. - Les Grecs prennent d'assaut la ville des Hittites, Troie.
330 av. J.-C. - L'Asie Mineure, à l'instar de l'ensemble du Proche-Orient, passe sous la domination d'Alexandre le Grand.
330 - L'empereur Constantin fonde la "nouvelle Rome" à Constantinople, déplaçant le centre de gravité de l'empire sur les rives du Bosphore. Deux siècles plus tard, Justinien fait construire l'église Sainte-Sophie, le plus grand édifice religieux du monde.
669-678 - Les armées de Mahomet conquièrent la Turquie actuelle. Plusieurs dynasties islamiques se succèdent à la tête du pays (notamment les Seljuks au XIe siècle).
1453 - Prise de Constantinople par Mehmet II. Début du règne des Ottomans. Sous l'autorité de Soliman le Magnifique (1520-1566), leur Empire s'étendra sur le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et en Europe jusqu'aux portes de Vienne.
1832 - Indépendance de la Grèce. Amorce du déclin de l'Empire ottomans.
1918 - Allié de l'Allemagne, l'Empire sort démembré de la Première Guerre mondiale.
1923 - La République turque est proclamée par Mustafa Kemal, mettant fin au règne des Ottomans. La Turquie parviendra à préserver sa neutralité durant la Seconde Guerre mondiale.
1980 - Alors que le système politique est bloqué par les divisions entre une gauche prosoviétique et une droite pro-islamique, l'armée s'empare du pouvoir et institue une dictature militaire jusqu'aux premières élections libres de 1983, gagnées par le parti de centre-droit de Turgut Ozal.
1993 - A la mort de Turgut Ozal, la démocratie parlementaire semble s'être solidement installée en Turquie.
1998 - La cour constitutionnelle interdit le Parti islamique de Necmettin Erbakan.
1999 - Le chef de la guérilla kurde, Abdullah Ocalan, est capturé au Kenya et extradé vers la Turquie. A l'issue de son procès, il est condamné à mort. La même année, Istanbul est secouée par un tremblement de terre indice 7,4 sur l'échelle de Richter.
2000 – Élection d'Ahmet Necdet Sezer, premier président de la République à n'appartenir ni à la classe politique traditionnelle, ni à l'armée. Il se prononce pour la démocratisation du régime.
2001 – Le gouvernement intensifie sa répression contre les islamistes. Malgré la candidature du pays à l'Union Européenne, les droits de l'Homme et de la presse sont toujours largement bafoués. Le problème kurde reste entier.

CARACTÉRISTIQUES ÉCONOMIQUES
PNB : 217,8 milliards de $US
PNB/habitant : 3370 $US
Croissance annuelle : 7,2%
Inflation : 54,9%
Principales activités : La Turquie possède quelques gisements de pétrole, mais c'est le secteur secondaire qui est le plus développé, avec d'importantes industries de moteurs automobiles et d'ingénierie. L'agriculture turque emploie également une part importante de la population active. Principales productions locales : blé, coton, tournesols, betteraves. La Turquie est le principal producteur de coton en Europe. Le tourisme, enfin, constitue une source en devises appréciable pour l'économie turque.
Principaux partenaires : Allemagne, États-Unis, Italie, Grande-Bretagne, France.

CULTURE
Arts : La littérature et la musique de la Cour étaient essentiellement d'inspiration religieuse à l'époque ottomane, c'est-à-dire souvent pompeuses et quelque peu lugubres. Le poids de l'islam dans cette société a prohibé pendant plusieurs siècles tout art figuratif.
Les arts non figuratifs ont connu, à rebours, un développement et un raffinement exceptionnels. Les musées turcs sont remplis de vases et de poteries magnifiques, de bijoux et de costumes d'une richesse quasiment inégalée. L'ornement des portes des mosquées est un plaisir pour les yeux.
L'arrivée au pouvoir d'Atatürk a révolutionné la place et la physionomie de l'art en Turquie. Subitement, la peinture et la sculpture ont obtenu droit de cité et connu une expansion rapide. Le père de la Turquie moderne a également fortement encouragé la pénétration de la musique occidentale (il était un amateur patenté d'opéra). L'introduction d'un alphabet latin a par ailleurs donné un coup de fouet à la littérature turque. Ses représentants les plus connus aujourd'hui sont : Yashar Kemal, Orhan Pamuk ou encore Nazim Hikmet.
Le tissage des tapis reste, depuis des temps immémoriaux, un art en soi en Turquie.
De même, la musique a profondément évolué dans ce pays. Le Turkü, musique folklorique jouée sur des rythmes modernes, a envahi les ondes, reléguant à l'arrière-plan des vieilles chansons folkloriques issues de la tradition des troubadours.
Le cinéma est très populaire. La production locale a pris son envol au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (surtout dans les années 60-70). Parmi ses représentants renommés à l'étranger : Yilmaz Güney, Basaran et Omer Kavur.

Langue : La construction des phrases et la formation des verbes rendent l'apprentissage du turc plutôt difficile pour les adeptes des langues indo-européennes.
Bonjour : merhaba
Bonsoir : iyi aksamlar
Au revoir : allaha ismarladik
Quel est votre nom ? : Adiniz ne?
Oui : evet
Non : hayir
S'il vous plaît : Lütfen
Merci : Tesekkürler
Excusez-moi : affedersiniz
Quoi ? Ne ?
Où est ? : ...nerede ?
Où est l'hôtel ? : bir otel nerede ?
Chambre : oda
Toilettes : tuvalet
Restaurant : lokanta

Religion : La Turquie est musulmane à 99%. Les sunnites dominent, avec des communautés chiite et alaouite dans l'est et le sud-est du pays.

Gastronomie : Le kebab est une invention turque. Vous en trouverez à tous les coins de rue. L'agneau et le poisson sont très prisés dans ce pays, mais ils peuvent s'avérer chers. Une grande assiette de mezze (hors d'œuvre variés) peut constituer à elle seule un excellent repas. L'aubergine est le légume phare en Turquie. Il est l'ingrédient de base d'une délicieuse spécialité locale : l'imam bayildi. Les desserts (pâtisseries à base de miel, de noix et de fruits) occupent une place de choix dans ce pays. La boisson nationale est le thé (çai), mais on trouve de la bière quasiment partout. Les vins turcs, souvent méconnus, sont de très bonne tenue. Enfin, impossible de se rendre en Turquie sans goûter au raki, l'alcool local anisé à souhait.

Coutumes : L'usage commande de porter des vêtements discrets et de retirer ses chaussures lorsque l'on pénètre dans une mosquée. Les femmes doivent en outre veiller à couvrir leur tête, leurs épaules et leurs jambes (jusqu'au genou). Évitez de visiter un édifice religieux le vendredi, jour sacré pour les musulmans. Sachez aussi qu'on ne désigne pas du doigt quelqu'un et que l'on ne se mouche, ni n'embrasse que très discrètement dans les rues de Turquie.

Difficultés sur place : Depuis l'arrestation mouvementée d'Ocalan, son mouvement, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) a menacé ouvertement de mener une campagne massive d'attentats. Pis, il pourrait viser directement les touristes pour priver l'économie locale d'une importante source de devises. Il est conseillé de contacter les professionnels du tourisme et les autorités pour évaluer avec eux les risques liés à cette situation politique tendue.

FÊTES ET FESTIVALS
Dans ce pays laïc, seules deux fêtes religieuses donnent lieu à de véritables célébrations : le Seker Bayrami, qui s'étend sur trois jours à la fin du Ramadan (en général en décembre ou février), et le Kurban Bayrami, qui commémore le sacrifice évité (de justesse) d'Isaac par Abraham. Pour célébrer la décision divine d'épargner le fils d'Abraham, chaque chef de famille qui en a les moyens achète un mouton qu'il égorge après les prières du matin. Sachez, d'un point de vue purement pratique, que la plupart des banques sont fermées et que le prix des chambres grimpe à cette période.
Dans le domaine séculier, on citera les combats de chameaux, organisés à la mi-janvier dans le village de Selçuk, au sud d'Izmir.
La célébration de la fête nationale, le 23 avril, donne lieu à une grande fête populaire à travers tout le pays.
Durant la période estivale, notez l'existence d'un fameux tournoi de lutte à Sarayiçi, près d'Erdine début juin le Festival de Kafaksör (près d'Artvin, au nord-est de la Turquie) fin juin le festival international des Arts à Istanbul (fin juin-mi juillet).
Le festival de Musique folklorique, organisé à la mi-juillet à Bursa et le festival du Melon de Diyarbakir en septembre, valent également le déplacement.
Enfin, sachez que l'ensemble du pays cesse de fonctionner un bref instant chaque 10 novembre en souvenir de la mort d'Atatürk (décédé en 1938).

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Visa : Les ressortissants de l'Union européenne (sauf les Britanniques) n'ont pas besoin de visa. Seul un passeport en cours de validité est nécessaire pour séjourner 90 jours au maximum en Turquie.
Santé : Les vaccins contre la polio, le tétanos, la diphtérie, le typhus sont recommandés. Risques de malaria sur le littoral de la mer Noire.
Décalage horaire : GMT +2.
Poids et mesures : système métrique.
Électricité : 220 V.

COÛT DE LA VIE ET ARGENT
La Turquie demeure un pays bon marché dans l'ensemble. Vous pouvez voyager dans de bonnes conditions pour 15 euros par jour en descendant dans les pensions et en prenant un seul repas dans un restaurant. Si vous portez votre budget à 48 euros quotidiens, vous aurez la possibilité de monter dans des bus (ou des trains) d'un bon standing, de loger dans un hôtel une ou deux-étoiles et de prendre la plupart de vos repas dans des restaurants. Ceux qui sont prêts à dépenser près de 77 euros tous les jours auront le privilège de descendre dans des hôtels trois ou quatre-étoiles, de recourir à l'avion si le cœur leur en dit et de fréquenter assidûment les meilleurs établissements culinaires du pays.
Le change : Étant donné l'instabilité de la lire turque, il est recommandé de changer au fur et à mesure ses devises. Surveillez de près vos additions, on se trompe très facilement d'un zéro. Les banques et bureaux de change sont généralement ouverts du lundi au vendredi. Il est souvent difficile de changer ses chèques de voyage durant les week-ends. Les cartes de crédit sont très utilisées en Turquie, notamment la carte Visa.
Taxes, pourboires et marchandage : Dans les estaminets, vous pouvez vous contenter de laisser quelques pièces sur votre table. Dans les restaurants, il est de coutume de laisser un vrai pourboire dont la valeur est égale à 5% (environ) du montant total. A donner au serveur directement. Il est toujours utile de garder un dollar dans sa poche pour le groom de l'hôtel ou pour un gardien de musée qui s'est montré serviable. Les Turcs refusent parfois le pourboire, mais si vous insistez une ou deux fois, ils vous en seront reconnaissants. Le marchandage est la règle en Turquie. Notamment sur les marchés. Vous pouvez également vous livrer à cet exercice dans les hôtels durant la basse saison entre novembre et avril.

QUAND PARTIR
Le printemps et l'automne, comme souvent, sont les deux meilleures saisons pour voyager en Turquie. Le climat est parfait sur le littoral égéen ou sur la côte méditerranéenne, ainsi qu'à Istanbul. Entre octobre et avril, de nombreux établissements sont fermés. Les pluies font des apparitions fréquentes en mai et en octobre. Et en juin, attention aux moustiques qui débarquent en nombre dans certaines zones côtières. L'est de la Turquie se visitera en priorité de juin à septembre.

A NE PAS MANQUER
Antakya (Antioche)
Antioche est une ville du Proche-Orient, faisant actuellement partie de la Turquie sous le nom d'Antakya, près de la frontière syrienne. C'est le chef-lieu de la province de Hatay. Elle compte 139 000 habitants (2001). Elle est située au bord du fleuve Oronte. On y trouve encore quelques marques de son riche passé : L'Église Saint-Pierre, creusée dans la roche, sans doute la première église chrétienne, elle comporte notamment un souterrain qui aurait permis aux premiers chrétiens de fuir en cas de poursuites
La grotte Beshikli, qui abrite des tombeaux rupestres
La colonne de Yunus
Le Musée de la Mosaïque
La Mosquée Habib Neccar
Le bazar
Le pont romain
La citadelle qui domine la ville Haghios Petros Paulos, un sanctuaire

Istanbul
La ville a perdu, en 1922, son statut de capitale au profit d'Ankara, mais elle reste le cœur historique, économique et culturel de la Turquie avec ses 12 millions d'habitants. L'ancienne Constantinople se divise en une partie européenne (Avrupa) et une partie asiatique (Asya) séparées par le Bosphore.
Difficile de ne pas commencer la visite par le palais de Topkapi, l'ancienne résidence des souverains ottomans, avec ses quatre cours majestueuses et son harem où vécurent jusqu'à trois cents concubines en même temps. Mais on peut se laisser d'abord envoûter par Sainte-Sophie, l'église construite par l'empereur romain Justinien et islamisée par les Ottomans avec la construction de plusieurs minarets autour de l'édifice principal. Au XVIIe siècle, le sultan Ahmet Ier décida de bâtir un édifice qui surpasserait Sainte-Sophie ce qui a donné naissance à la superbe mosquée Bleue. Bien qu'envahi par les touristes, le Grand Bazar ou Marché couvert, qui regroupe des centaines de petites boutiques, reste néanmoins fréquenté par les Stambouliotes. Plus au nord, le quartier de la Corne d'Or, qui abritait l'ancien port d'Istanbul, est un formidable témoignage historique sur la ville, de même que le quartier de Beyoglu.
Frontière symbolique entre l'Europe et l'Asie, le Bosphore et ses rives sont l'occasion d'explorer (ou de contempler en ferry) les palais ottomans ou les faubourgs de la ville. La ville regorge d'hôtels en tous genres, notamment de catégorie moyenne. Le quartier Sultanahmet est idéal pour trouver une chambre confortable et bon marché.
Pour se restaurer à bon compte, les petits restaurants hazir yemek, où l'on sert les kebapçi et les pideci, sont recommandés.

Ankara
Posée au milieu d'une zone semi-désertique dans l'Anatolie centrale, la capitale turque est une ville très animée qui n'a plus grand-chose à voir avec la vieille cité ottomane Angora qui l'a précédée sur ce site. En 1920, Atatürk en a fait sa capitale, ce qui a fait la fortune de cette ville administrative.
Mais Ankara n'est pas seulement le centre politique du pays, elle comporte plusieurs attractions qui méritent le détour. Hisar, la citadelle byzantine bâtie sur une colline surplombant la ville, permet d'amorcer la visite. Tout près se situe le musée des civilisations de l'Anatolie. A quelques kilomètres de là, vers le sud, le mausolée d'Atatürk, façonné dans la plus pure tradition architecturale anatolienne, ne doit pas être négligé. Enfin, les ruines de l'époque romaine parsèment la ville, lui conférant un charme indéniable.
La plupart des hôtels abordables et des restaurants sont installés dans la vieille ville, à 1 km environ de la gare.

Éphèse
Parmi les centaines de cités antiques qui pullulent en Turquie, Éphèse est la plus importante et la mieux conservée. A l'époque où Athènes régnait sur le monde, l'ancienne Ephèse (Ionia) était considérée comme l'une des cités les plus florissantes de la Méditerranée. Le temple de Diane faisait partie des Sept Merveilles du monde. Saint Paul et saint Jean, et la Vierge Marie, y auraient séjourné. Une promenade à travers les ruines de la cité antique prend au moins une demi-journée.
Sur place, les curiosités ne manquent pas. La grotte des Sept Dormants, le gymnase de Vedius et le temple d'Hadrien, autant de passages obligés pour l'amateur d'histoire et de vieilles pierres.
Pour un hébergement relativement bon marché, il est préférable de se rendre à Selçuk, à 3 km de là. Pour se rendre à Éphèse, il faut d'abord rejoindre Izmir sur la côte. Des bus relient la ville à Selçuk en 1 heure à peine.

Bodrum
Bodrum est probablement la station balnéaire la plus pittoresque sur les rives de la mer Egée avec son joli port de plaisance. Des ferries permettent d'accéder à l'île grecque de Kos. Les rues sont bordées de palmiers et les maisons blanches en forme de cubes voisinent avec de grandes villas. Sur place, la voile, la baignade, la plongée sous-marine sont des activités hautement recommandées. La nuit, Bodrum se métamorphose en temple disco avec ses boîtes enfiévrées. Les amateurs de tranquillité feraient mieux de passer leur chemin ! Il fait 4 heures de route depuis Izmir pour accéder à Bodrum. On peut choisir de se rendre dans sur place à partir de l'île de Kos ou depuis Rhodes.
Pour se loger, on a l'embarras du choix. Un conseil : en été, franchissez les portes de l'office du tourisme tôt le matin pour être sûr de trouver une chambre.

Antalya
Antalya est la principale agglomération turque située sur la côte méditerranéenne. Elle fait figure de base idéale pour explorer les plages magnifiques qui se succèdent dans la région. C'est le cas de Side (75 km à l'est), où vinrent se prélasser Cléopâtre et Marc-Antoine. Dans le même registre, on citera Alanya (115 km à l'est), qui n'a rien à envier aux plages de la Floride. Les fêtes de Patara (à une centaine de kilomètres au sud-ouest d'Antalya) ont acquis une réputation mondiale. Les amateurs de sable blanc s'y précipiteront également : la plage est longue de 20 km ! On peut alterner farniente et visites à caractère historique : la région recèle de nombreuses ruines romaines.
Pour circuler, il est recommandé d'utiliser les taxis collectifs (dolmus).

ACTIVITÉS
Les sports nautiques sont très développés en Turquie. Il est vrai que la beauté des côtes est une invitation qui se refuse difficilement. Le ski nautique, la voile, la plongée sous-marine se pratiquent un peu partout. Les massifs montagneux de l'Est anatolien combleront les amateurs d'escalade et d'alpinisme. On peut également skier (bien que les équipements soient assez limités) à Bursa, sur les monts Erciyes (près de Kayseri) ou à Palandöken (près de Erzurum). Enfin, notez que les randonnées à bicyclette se pratiquent agréablement dans ce pays. Mais il est préférable, si possible, d'apporter sa propre "petite reine", la location d'un bon matériel n'étant pas toujours aisée sur place.

COMMENT S'Y RENDRE
Istanbul, Ankara, Izmir ainsi que plusieurs stations balnéaires turques disposent d'aéroports internationaux. La compagnie Turkish Airlines propose deux vols quotidiens depuis Paris à destination d'Istanbul, Air France en affrète un tous les jours. Le schéma est à peu près le même pour la Belgique et la Suisse.

Pour les amateurs du rail, l'Istanbul Express reliait tous les jours (avant les conflits dans les Balkans) Munich aux rives du Bosphore à travers la Slovénie, la Croatie, la Yougoslavie et la Bulgarie (mais il fallait d'abord se rendre en Bavière).

En train, le trajet dure 50 heures environ (via Munich, Vienne, Belgrade et Sofia). Autre solution : du mois de mai à la mi-octobre, des compagnies de ferries turcs relient Izmir, Antalya ou Marmaris à Venise.

Par la voie terrestre, le plus court chemin passe par Belgrade. Il y a tout de même 3 000 km à parcourir entre Istanbul et Paris.

De mai à septembre, Eurolines propose un bus hebdomadaire à destination d'Istanbul. Départ : samedi à 15 h et arrivée... le mardi à 5h du matin.

COMMENT CIRCULER
La compagnie nationale ferroviaire relie entre elles les principales villes de Turquie. Les bus, qui couvrent tout le territoire ou presque, sont meilleur marché et confortables. Les trains ont du mal à soutenir la comparaison. Mais il peut être agréable, et astucieux, de passer la nuit dans un wagon en "voguant" tranquillement vers Izmir, Istanbul ou Ankara.

Il est absolument déconseillé de conduire en ville : le trafic est très dense et la conduite extrêmement périlleuse. Il vaut mieux prendre un taxi, y compris pour certaines courtes excursions. Dans ce cas, les taxis collectifs représentent un bon compromis.




ANTIOCHE, Ville éternelle

08/03/2008

- 300 avant Jésus Christ : Fondation de la ville d'Antioche par Seleucus Nicator qui est l'un des principaux généraux d'Alexandre le Grand. Il construisit une des plus belles cités grecques de l'époque en la faisant la capitale de l'immense empire grec des Séleucides.
- 83-69 avant Jésus Christ : Occupation d'Antioche par Tigrane roi d'Arménie.
- 64 avant Jésus Christ : Prise de la ville par les Romains et fin de l'empire Grec Séleucide. Antioche est la troisième ville du monde après Rome et Alexandrie (Egypte), en importance économique, commerciale, politique et culturelle. Jusqu'à l'époque Byzantine, Antioche était la capitale de la Syrie Romaine avec 1.000.000 d'habitants.
- 47 avant Jésus Christ : Visite de Jules César à Antioche.
- 34 après Jésus Christ : Arrivée des Apôtres Pierre et Barnabé à Antioche et propagation du Christianisme dans la ville.
- 47 : Début de la mission de Saint Paul au départ d'Antioche vers l'Asie Mineur (Turquie actuelle), la Grèce, l'Italie etc...
- 41-54 : Premier Jeux Olympiques à Antioche
- 115 : Grand tremblement de terre qui fait environ 70.000 morts.
- 284-305 : Floraison économique, construction de bâtiments publiques sous l'empereur Dioclétien : construction de bains, théâtres, hippodromes, universités, écoles, temples etc...
- 387 : Révolte de la population chrétienne d'Antioche contre l'empereur Julien et destruction des temples païens.
- 526 : Grand tremblement de terre qui fait 100.000 morts
- 528 : Reconstruction d'Antioche par l'empereur Byzantin Justinien le Grand.
- 540 – 540 : Conquête et pillage d'Antioche par Chosroes roi des Perses (Iran)
- 638 : Conquête d'Antioche par Omar premier Calife. Période à laquelle où la population passe à la langue et à la culture arabe.
- 969 : Reconquête de la ville par les Grecs Byzantins : 330 ans occupé par les arabes, Antioche perd sa vrai identité, celle de la ville grecque.
- 1084 : Conquête de la ville par les Turcs. Cette conquête dura que 14 ans.
- 1098 : Première Croisade : Reconquête d'Antioche par les armées franques (français) et fondation d'un état franc à Antioche appelé " Principauté Latine d'Antioche ". Cet état restera jusqu'à l'invasion Mamelouks en 1268. Durant cette période, Antioche fut l'une des plus belles villes du monde grâce au mélange du charme occidental et du mystère oriental.
- 1268 : Destruction de la ville par les arabes Mamelouks. Date cruciale pour l'histoire de la ville car elle ne s'en remettra jamais. C'est la fin de la plus glorieuse ville. Les populations grec et latine furent massacrées. Les jeunes filles et garçons furent partagés entre les chefs de l'armée.
- 1366 : Transfert du Patriarcat d'Antioche à Damas
- 1515 : Prise de la Syrie, Antioche inclus, par l'empereur Ottoman Selim le Farouche (Turc). Antioche devient une petite bourgade et sa population est réduite à 6000 habitants.
- 1918 – 1936 : Mandat Français en Syrie. Antioche est l'une des principales villes du Mandat.
- 1936 – 1938 : Etat de Hatay
- 1938 : Cession d'Antioche à la Turquie et départ de l'Armée Française.
- 1957 : La Syrie reconnait officiellement qu'Antioche est une ville turque, signature d'un traité affirmant ne plus vouloir revendiquer la ville. Malgré ce traité, la Syrie a toujours inclus la ville d'Antioche dans ses cartes géographiques. C'est à l'ascension de Bachar Al-Assad au pouvoir syrien que tout est entré en règle (juillet 2001).
- 1999 : Célébration du Jubilée de la Nativité de Jésus à Antioche avec la présence du Patriarche de Constantinople Bartholomeos et d'Antioche Ignatios.




L'Histoire de l'Eglise Orthodoxe

07/03/2008

Il y a vingt siècles, Dieu est venu parmi nous : il est devenu homme, en la personne de Jésus-Christ. Il s'est transfiguré devant nous, et nous a révélé ce qu'est véritablement notre nature humaine. Il nous a montré la source de toute vie divine, qui est le Père, et Il nous a emplis du Saint-Esprit. Enfin, Il est ressuscité des morts, et nous a appris par là que la mort n'est pas la limite absurde de notre vie terrestre, mais le passage vers une nouvelle dimension tout illuminée par la Divinité : le Royaume.
Les disciples du Christ ont communiqué la radieuse nouvelle de la Résurrection du Christ jusqu'aux confins du monde de leur époque, au prix de leur vie. Allant de ville en ville, ils ont mis à la tête des communautés naissantes des Anciens, que nous désignons aujourd'hui sous le nom d'"évêques". Ceux-ci président la célébration de l'Eucharistie, entourés des prêtres et des diacres.
Les communautés se développèrent rapidement. Les sièges les plus importants devinrent les Patriarcats, qui étendirent leur autorité sur les diocèses voisins. Ces Patriarcats étaient au nombre de cinq. L'un d'entre eux, celui de Rome, se sépara des quatre autres lors du Grand Schisme de 1054. Lorsqu'il y a cinq convives à table, et que l'un de ceux-ci quitte le repas, on ne peut pas affirmer que ce sont les quatre autres qui se séparent ! L'Eglise de Rome s'est donc séparée du corps des Eglises fondées par les Apôtres.
Les autres Patriarcats existent toujours aujourd'hui :
1)     Le Patriarcat de Constantinople étend son autorité sur la Turquie, la Crète, les îles du Docécanèse, les monastères de l'Athos et de Patmos, les communautés grecques d'Amérique du Nord et d'Amérique latine, d'Europe occidentale et centrale, les pays nordiques, l'Inde et l'Extrême-Orient, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le Patriarche de Constantinople, Bartholomée, détient une primauté d'honneur sur tous les autres évêques orthodoxes : il est le " premier parmi ses pairs ". L'idée d'une infaillibilité personnelle d'un chef de l'Eglise est entièrement étrangère à la Tradition apostolique.
2)     Le Patriarcat d'Antioche et de tout l'"Orient", fondé par les Apôtres Sts. Pierre et Paul, comprend la Syrie et le Liban, ainsi que la Diaspora antiochienne des deux Amériques, surtout aux Etats-Unis, en Argentine et au Brésil. Son siège se trouve à Damas. Le Patriarche actuel, Ignace IV, peut légitimement affirmer qu'il est le successeur historique des Apôtres Pierre et Paul.
3)     Le Patriarcat d'Alexandrie, fondé par le saint Evangéliste Marc, rayonne, depuis l'Egypte, sur toute l'Afrique : le Soudan, la Lybie, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Congo, le Cameroun, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie.
4)     Le Patriarcat de Jérusalem, fondé par Saint Jacques et Mère des Eglises, est le gardien des Lieux Saints. Son autorité s'étend sur la Ville sainte, la Palestine, Jordanie et Israël.

Au neuvième siècle débuta la mission des saints Cyrille et Méthode auprès des peuples slaves. Avec la conversion du Prince de Kiev Vladimir, en 988, l'Orthodoxie prend racine en Russie. Vers l'an 900, naît un Patriarcat bulgare autonome. Au 14ème siècle, le Patriarcat serbe est fondé à Petch. Au 15ème siècle, l'Eglise russe devient autocéphale, et le Patriarcat de Moscou est instauré en 1589. Supprimé par le Tzar Pierre le Grand, il fut restauré en 1918. En 1794, des moines, venus du monastère de Valaam en Finlande russe, vinrent à Kodiak, en Alaska. Parmi ces premiers missionnaires qui atteignirent les rives de l'Amérique du Nord, se trouvait Saint Germain d'Alaska, le premier saint canonisé par l'Eglise orthodoxe d'Amérique.
Le dix-neuvième et le vingtième siècle virent le développement de nombreuses Eglises locales, qui acquirent leur autonomie, et vinrent s'ajouter à l'ensemble des Eglises orthodoxes existantes. En 1833, l'Eglise de Grèce devient autocéphale, avec un archevêque à sa tête. Les Eglises autocéphales de Grèce et de Chypre comptent environ 12 millions de baptisés. En 1918, l'Eglise de Géorgie devient autocéphale, celle de Pologne en 1924 (500.000 baptisés) et celle d'Albanie en 1937. Le Patriarcat de Serbie fut rétabli en 1920 (10 millions de baptisés), celui de Roumanie institué en 1925 (20 millions de baptisés), et celui de Bulgarie en 1953 (9 millions de baptisés). L'Eglise de Finlande devint autonome en 1925 (60.000 fidèles). La Russie, la Biélorussie, l'Ukraine, la Roumanie et le monde grec comptent la grande majorité des Orthodoxes existant dans le monde. Au XIXème siècle, la Russie fit un grand effort missionnaire. L'évêque de Tokyo Nicolas Kassatkine (+1912) convertit des milliers de japonais à la Foi orthodoxe. Il fut canonisé en 1970. Le Père Jean Veniaminov fut sacré évêque du Kamchatka et des îles aléoutiennes sous le nom d'Innocent et, en 1868, fut élu Métropolite de Moscou. Il a été canonisé en 1978 comme " illuminateur des Aléoutes et apôtre de l'Amérique ". En 1898, Tykhon devint Archevêque de San Francisco ; il devint ensuite le premier Patriarche de l'Eglise russe depuis Pierre le Grand.
Suite aux différents phénomènes de migration qui marquèrent le vingtième siècle, l'Orthodoxie s'implanta partout dans le monde, en-dehors des territoires où elle existait traditionnellement. Au début, les Orthodoxes gardaient des liens très forts avec leur Eglise nationale d'origine. Ensuite, avec le passage des générations, les émigrations s'intègrent lentement dans leur pays d'accueil et finiront, à terme, par former une Eglise locale. Les épreuves qui affligèrent l'Orthodoxie au cours de ce siècle lui donnèrent la possibilité de se mondialiser. De plus, l'émigration russe en Europe occidentale et en Amérique du Nord eut une influence déterminante pour faire connaître la Tradition orthodoxe à l'Occident. C'est ainsi que les icônes et bien des éléments de la Tradition orthodoxe devinrent familières aux Chrétiens occidentaux. L'ancienne Métropole russe en Amérique du Nord est devenue autocéphale en 1970 ; l'Eglise orthodoxe en Amérique est dirigée par le Métropolite Théodose. L'évêque du diocèse du Canada est Mgr. Séraphim, sous l'autorité duquel se trouve la chapelle sainte Marie-Madeleine. La chute des régimes athées et totalitaires, inspirés par l'idéologie communiste, permet à l'heure actuelle une renaissance remarquable de l'Orthodoxie en Russie et dans les pays de l'Est.
Nous assistons à la plus grande renaissance religieuse du siècle, avec la restauration de milliers de paroisses en Russie, la réouverture de centaines de monastères et de nombreux instituts de théologie et séminaires. L'Orthodoxie russe est appelée à reprendre un rôle prépondérant parmi l'ensemble des Eglises orthodoxes. En Grèce, le Mont Athos connaît une renaissance du monachisme ; de nombreux monastères sont restaurés et connaissent une vie nouvelle.
L'évolution de l'Orthodoxie se fait dans le sens de la redécouverte de sa propre tradition. Au XVIIIème et XIXème siècles, la pensée orthodoxe avait été influencée par la scholastique occidentale. Tout un cheminement a permis de redécouvrir la plénitude de la pensée patristique, et notamment de remettre au jour la théologie des Energies de saint Grégoire Palamas. L'iconographie orthodoxe s'était laissé contaminer par un art réaliste et mièvre. Maintenant, suivant l'exemple de grandes figures comme André Roublev, les icônes reflètent à nouveau la réalité transfigurée du Royaume telle que les saints l'ont contemplée.
L'Eglise orthodoxe a subi de plein fouet les persécutions et les destructions que lui infligèrent les régimes politiques. Au XIIIème siècle, la Russie fut submergée par l'invasion mongole, qui soumit tout le pays au joug tatare et commit d'immenses destructions. La Grèce et les Balkans subirent quatre siècles de domination musulmane, qui s'opposa au rayonnement de l'Orthodoxie. Le vingtième siècle fit subir de très graves persécutions à l'Eglise orthodoxe, car les idéologies athées ne toléraient pas que rayonne sur l'humanité la Lumière divine. Aujourd'hui, une nouvelle liberté permet à l'Eglise orthodoxe d'annoncer partout dans le monde le message du Christ. En Amérique du Nord, tous les évêques des différentes juridictions orthodoxes sont membres de la SCOBA (Standing Conference of Orthodox Bishops of America) qui jette les bases d'une future Eglise locale. Ainsi se construit l'avenir de l'Eglise orthodoxe sur ce continent.

La spiritualité de l'Eglise orthodoxe.
Pour les orthodoxes, le but de la vie chrétienne, c'est l'acquisition du Saint Esprit. La spiritualité sera donc animée du souffle de l'Esprit, et par le fait même, ecclésiale puisque l'Église, c'est l'Esprit rendu visible par la communauté de ceux qui ont été incorporés au Christ par le baptême et la chrismation.
L'orthodoxie, avant d'être une doctrine, est une mystique, une manière de vivre le christianisme, une Tradition transmise depuis l'Église primitive jusqu'à nos jours. Le centre de cette spiritualité est l'union de l'humanité et de la divinité. La vocation de l'être humain est d'être habité par l'Esprit divin, à cause de la mission accomplie par le Fils de l'Homme : Jésus le Christ. Cette spiritualité est aussi celle de la responsabilité morale de la transformation du monde en assumant notre propre salut. Et le salut, c'est la promesse d'être conduit au Père dans la vie éternelle à cause de notre incorporation au Christ par l'Esprit. La vie spirituelle est donc une expérience intérieure de la connaissance de Dieu et d'union à Lui à travers le signe du Corps du Christ (l'Eglise), expérience qui conditionne notre manière d'être au monde en tant qu'humain.

Cette spiritualité est alimentée par quatre sources :
1)     La Parole de Dieu, que nous rapporte l'Ecriture, est le fondement même de toute la spiritualité. "Sanctifie-les dans la vérité: Ta parole est vérité" (Jn 17,17). Dans les églises orthodoxes le Livre des Evangiles a sa place, en tout temps, au milieu de l'autel, il n'est proclamé que par l'évêque ou le prêtre et la décoration de sa reliure souligne son importance centrale.
2)     Les définitions des Conciles oecuméniques (les sept premiers de l'histoire de l'Eglise, avant la rupture de Rome), qui en raison de leur importance dogmatique, sont les balises des chemins de la vie spirituelle. Plusieurs de ces définitions sont lues dans l'Office divin, à chaque jour selon la fête ou le temps liturgique, pour les mettre en mémoire et imprégner la prière. L'orthodoxe prie sa foi.
3)     Les fêtes liturgiques qui gravitent autour des grands moments de la vie terrestre du Sauveur mais surtout de sa résurrection (célébrée chaque dimanche). La spiritualité orthodoxe est liturgique parce qu'elle est d'abord ecclésiale. Le rituel, très élaboré, vise à remplir le coeur et les yeux de cette beauté qui entraîne vers la contemplation des choses d'en haut. La construction des églises byzantines, la symbolique du rite sont déjà une icône de la réalité invisible et mystique de l'Église.
4)     Les écrits des Pères de l'Église, en particulier ceux de l'Eglise d'Orient que nous appelons "les saints pontifes et docteurs oecuméniques": Jean Chrysostome, Basile le Grand, Grégoire de Nazianze, Jean Climaque .... C'est en s'appuyant sur ces Maîtres et Pères dans le Christ que nous élaborons la voie orthodoxe vers la sainteté. La voie est tracée mais le cheminement est individuel et unique. Nous avons des prédécesseurs mais le Christ seul est Modèle et la Mère de Dieu seule est Signe. En restant fidèle à ces sources, l'Eglise enseigne que le but de la vie sur terre est l'union avec Dieu et la "déification," ou partage de la vie divine à travers la grâce. "les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la nature divine." (2 Pi 1,4). Un chrétien vit des énergies même du mystère trinitaire. Cette union avec Dieu, Père, Fils et Esprit est l'accomplissement parfait du Royaume annoncé par l'Évangile, l'accomplissement parfait de la charité.

Plusieurs moyens sont mis à notre disposition pour soutenir et développer cette vie spirituelle :
1)     Le premier et le plus important est la Divine Liturgie (Eucharistie) et les autres mystères (appelés, pour certains d'entre eux, " sacrements "). L'Eglise a conservé le sens de "secret" au mot mystère. Elle déteste la familiarité, elle évite de donner officiellement des définitions trop précises, elle veut qu'un mystère reste un mystère. Parmi les mystères, l'un des plus grands est celui de l'union du Dieu Trinité avec l'humanité, à travers l'Eglise par le moyen des "sacrements" et l'action du Saint Esprit. La confession régulière de ses fautes et les rencontres fréquentes avec son "père spirituel" demeurent des moyens privilégiés de croissance intérieure.
2)     "La prière et la contemplation sont nécessaires au salut" (Cassien). Pour les orthodoxes, le Nom de Jésus non seulement le point de départ mais le support et la fin des états mystiques. En se servant du chapelet de laine aux cent grains, ils récitent incessamment la "prière de Jésus": "Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur." Cette prière conduit le croyant vers la contemplation ou prière du simple regard. Cette forme de prière n'est pas réservée aux moines. Elle est proposée à tous.
3)     L'ascèse, ou action de la volonté sur elle-même, consiste d'abord dans la pratique de l'humilité et de l'obéissance. Elle est aussi la fidélité aux jeûnes nombreux proposés par l'Église. Les jeûnes et la prière préparent chaque grande fête: le grand Carême de neuf semaines prépare à la Fête des fêtes, Pâques. Un carême prépare la fête de la Nativité du Christ : Noël. Bien sûr, chaque semaine, les jeûnes du mercredi et du vendredi nous rappellent les souffrances du Christ et nous préparent à la liturgie du dimanche.
4)     Les icônes, qui identifient l'orthodoxie depuis le neuvième siècle (crise iconoclaste), introduisent les fidèles aux mystères et les mettent en relation constante avec les saints. Les icônes sont une fenêtre sur l'invisible, une "théologie de la présence." La psychologie religieuse range l'icône parmi les besoins essentiels des orthodoxes. Elles sont un support à la foi et à l'expérience de communion avec toute l'Église (communion des saints). Dans toutes les maisons l'icône est installée à la place d'honneur et une lampe, suspendue devant, brûle en permanence en signe de la présence de l'Esprit. Au baptême, nous recevons l'icône de notre saint patron, au mariage, les pères bénissent les jeunes époux avec les icônes et c'est encore l'icône reçue au baptême et celle de la Mère de Dieu qui accompagnent le défunt à son enterrement. Ainsi, le croyant a conscience de participer à la grande famille des saints avec lesquels il est en communion dans la prière. Vous comprenez maintenant pourquoi nous vénérons les icônes avec autant de ferveur et quand on les baise, c'est au même titre qu'on embrasse les membres de la famille. Si les icônes ont leur place dans la vie chrétienne elles en ont une aussi dans la liturgie. Elles sont fréquemment encensées et même portées en procession les jours de fête. Tout ce qui est enseigné par la divine liturgie, les hymnes de l'Eglise, la prédication du prêtre sur l'Evangile et les paroles du lecteur trouvent un brillant commentaire dans le silence des icônes.
5)     Comme les premiers chrétiens, les fidèles orthodoxes vivent dans l'espoir eschatologique et l'attente fervente du retour de l'Agneau. La certitude de la victoire finale du Christ est due à la foi dans l'action de l'Esprit dans l'Eglise et dans l'action de l'Eglise dans le monde. Pour le croyant, l'Eglise est "épiclèse" sur le monde pour que la création entière soit sauvée.
6)     Alors tout mouvement cesse, la prière elle-même change de nature. L'Esprit prie en dehors de la prière. C'est "l'hésychasme," le silence intérieur, le repos qui est au-dessus de toute oraison, la paix qui dépasse toute paix, c'est le face à face étendu à l'éternité, quand "Dieu vient dans l'âme et que l'âme émigre en Dieu" (Gégoire de Nysse).
7)     La solitude s'impose alors à plusieurs, puisque le mystère devient la seule réalité et que cette réalité illumine toute la personne. C'est pourquoi les fidèles soutiennent les ermites et les "fous en Christ" qui habitent près de leur village parce qu'ils portent leurs intentions, et ils sont une bénédiction à cause de leur proximité de Dieu. Ne parle-t-on pas de l'expérience mystique quand on dit dans le livre de Job: "Un jour viendra où dans ma propre chair, je verrai Dieu mon Sauveur" (Jb 19,26).

Nous pouvons conclure en affirmant que l'orthodoxie, c'est une manière d'être chrétien, celle qui consiste à vivre continuellement en présence de la beauté du spirituel pour la reproduire dans sa personne et dans sa vie. Et cette beauté du spirituel se manifeste au monde matériel par la Parole de Dieu, la divine Liturgie et les icônes. Quand la beauté atteint son accomplissement, les cinq sens sont touchés. Les yeux s'émerveillent à la vue des icônes, l'encens abondant suggère aux narines la bonne odeur du Royaume, le goût s'exerce à la saveur du pain et du vin à la communion ou avec l'antidoron (le pain bénit partagé à la fin de la Liturgie), le toucher intervient dans la vénération de la main du prêtre, des icônes, de l'évangéliaire et de la croix qu'on embrasse, et l'ouïe enfin par le chant ou même par le silence.

Nous terminerons en citant ce que les ambassadeurs du prince Vladimir de Russie ont rapporté à leur maître en revenant de Sainte-Sophie de Constantinople, où la beauté byzantine a sans doute atteint son sommet: "Nous ne savions pas si nous étions sur la terre ou au ciel, car assurément, il n'y a nulle part au monde un tel éclat et une telle beauté. Il nous est impossible de vous les décrire, mais nous sommes convaincus que Dieu demeure là parmi les hommes qui célèbrent sa gloire d'une manière qu'aucun autre culte au monde ne peut égaler. Car il n'est pas possible d'en oublier la splendeur." C'était un défi de parler de la spiritualité orthodoxe en si peu d'espace: il faudrait de très nombreux volumes pour parcourir la richesse de la tradition orthodoxe. Croyez-moi, approfondir la spiritualité orthodoxe, c'est non seulement vivre de la vie de Dieu, mais voir le ciel avant de terminer cette vie terrestre.




Festival de la Jeunesse Orthodoxe

04/03/2008

Comme tous les premiers mercredi du mois, le Festival de la Jeunesse Orthodoxe se retrouve pour des Vêpres ensemble...
En l'église des Saint Archanges 9 bis, rue Jean de Beauvais 75005 PARIS Métro : Maubert-Mutualité

Prochain rendez-vous le mercredi 2 avril 2008 à 19h30

Parlez en autour de vous !
Une rencontre pour prier ensemble...
Apportez vos livres de prières que nous puissions répartir les textes et les lectures avant l'office entre les personnes présentes, dans toutes les langues... !
Pensez à apporter quelques choses à grignoter et à siroter, nous discuterons autour d'un petit diner sympa après l'office !




Soirée loto bingo

19/01/2008

Soirée loto bingo, samedi 19 janvier 2008 à partir de 19h au salon de l'église.



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