Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome
Né vers 349 à Antioche en Syrie (auj. Antakya, Turquie), il est un docteur et père de l'Église primitive. Il étudia l'art oratoire sous l'égide du rhétoricien grec Libanios et commença sa carrière comme avocat.

À dix-huit ans, il devint évêque d'Antioche sous l'influence de Mélétos, qui l'orienta vers une école monastique et le baptisa peu de temps après. Après avoir vécu comme moine pendant six ans dans les montagnes près d'Antioche, Jean fut ordonné diacre en 381 par Mélétios et fait prêtre en 386 par l'archevêque Flavian Ier, successeur de Mélétios. Ses sermons éloquents, sérieux et pratiques lui valurent d'être considéré comme le plus grand orateur de l'Église primitive.

Selon Jean, le monachisme n'est pas la seule voie menant à la perfection. Si le moine, menant une vie recluse, éloignée des tentations, peut plus facilement atteindre son but, Jean juge plus méritante encore la voie du prêtre, qui se consacre au milieu des périls du monde au salut de ses prochains.

En 398, Arcadius, empereur d'Orient, nomma Jean patriarche de Constantinople suite à la mort de Nectaire (archevêque de Constantinople). Ses prêches contre les vices suscitèrent la haine de Théophile, patriarche d'Alexandrie (règne de 385 à 428), et de l'impératrice Eudoxie qui le chassa de la capitale en 403. Jean fut bientôt rappelé, mais uniquement pour être exilé à nouveau en 404 dans le désert du Taurus, où il tenta de convertir les Perses et les Goths au christianisme.

Il est également connu comme celui qui aura eu le langage le plus dur à l'égard des Juifs et des païens :
" Les Juifs et les païens doivent apprendre que les chrétiens sont les sauveurs, les protecteurs, les chefs et les maîtres de la cité " (Homélies sur les statues, I, 12.
" C'est l'antre de vauriens et le repaire de bêtes sauvages. Le temple de démons se consacrant à des cultes idolâtres " parlant de la synagogue.

Le nom de Chrysostome (qui vient du grec chrysostomos signifiant " bouche d'or ") fut utilisé pour la première fois au VIe siècle. Jean Chrysostome écrivit de nombreux ouvrages, y compris des homélies, des épîtres, des traités et des liturgies (même si elle n'est pas directement de lui, la liturgie habituelle de l'Église orthodoxe porte son nom. De même, l'homélie lue lors de la vigile de Pâques, est attribuée à Saint Jean Chrysostome).

En 407, il est envoyé à Pithyos, sur la mer Noire, aux confins de l'Empire. Affaibli par la maladie, Jean meurt au cours du voyage près de Comana, dans le Pont-Euxin (mer Noir). Selon la tradition, ses derniers mots sont " gloire à Dieu en toutes choses " (doxa to theo pantôn eneken).

Le pape Innocent désapprouva la condamnation et l'exil de Jean prononcés par un synode illicite. Malgré ses rappels à l'ordre et le refus de Théophile d'Alexandrie d'y donner suite, il ne resta plus au pape d'autre moyen de pression que de rompre la communion ecclésiale avec lui.
Cette première séparation de l'Occident et de l'Orient, qui, bien que non définitive à ce moment, allait s'aggraver jusqu'à la rupture de 1054.

Ses disciples refusèrent de reconnaître les successeurs de Jean, tant de son vivant qu'après sa mort, et se soumirent en 438, lorsque Théodose II, empereur d'Orient, ramena le corps du saint à Constantinople pour l'enterrer en toute solennité.

Il est le patron des orateurs et sa fête est le 13 septembre.

14/07/2008, 08h46